Abstract
En 1989, Kimberlé Crenshaw a créé le terme intersectionnalité qui décrit les liens entre les différentes formes d’oppression. Bien que ce terme n’existait pas encore au XVIIIe siècle, Olympe de Gouges aborde plusieurs formes d’oppression dans ses textes et démontre l’interconnexion de ces différentes types d’inégalité. Audacieuse et innovatrice, de Gouges est une auteure activiste qui a émergé à la fin du siècle des Lumières. Mieux connue pour son œuvre féministe Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle a débuté sa carrière littéraire avec une pièce très controversée pour l’époque : Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage (1784). Dans cette pièce, écrite bien avant la création du club des Amis des Noirs, un groupe antiesclavagiste de l’époque, de Gouge dépeint clairement le sort des esclaves dans les colonies françaises et revendique l’abolition de l’esclavage. Son courage et humanisme se manifestent à travers le fait que malgré les oppositions violentes à sa pièce, elle a continué à persévérer pour la faire jouer. La Comédie Française a éventuellement céder à la faire jouer après que de Gouges ait éfféctué plusieurs changements dans sa pièce. Au-delà de ses idées féministes et antiabolitionnistes, de Gouges a également protesté les inégalités socio-économiques, une idée très évidente dans sa pièce Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage (1784). Malgré l’ambiguïté qui marque ces deux textes, sa position ferme contre toute forme d’exclusion rend de Gouges une activiste bien en avance sur son temps.